image VR1.jpg (1.2MB)

VR 1. Créer le territoire agriurbain


Les territoires agri-urbains ont émergé récemment en tant que tels et se sont institutionnalisés par le biais essentiellement d’associations et/ou au sein des collectivités territoriales au cours des dix ou quinze dernières années. Ils sont aujourd’hui bien reconnus par la Région, l’Etat, et même l’Europe puisque c’est un bon échelon pour les projets LEADER. Mais ils sont issus d’une histoire, parfois assez longue au regard de la jeunesse du paradigme « agri-urbain ». On peut évoquer par exemple la plaine de Versailles qui est un héritage – mais pas seulement bien sûr - de la politique des Zones Naturelles d’Equilibre des années 1970 (Livre vert de 1975) qui proposait déjà un projet de mise en dialogue de l’agriculture avec la ville, projet qui était alors surtout celui d’experts travaillant au niveau régional et pour l’Etat. Aujourd’hui les instances représentant ces territoires se présentent bien plus comme une illustration de la gestion « bottom-up », permettant l’expression des préoccupations du local, et susceptibles d’offrir une « interterritorialité » (Martin Vanier) parée de nombreuses vertus.

Ce volet de recherche consiste donc d’abord à établir l’historique des mobilisations qui ont permis cette institutionnalisation : quels acteurs et quels évènements ont contribué directement à ces créations ? quelles étaient les motivations affichées ou sous-entendues pour les porteurs de projet ? Quelle place en particulier occupent dans ces motivations les questions de préservation du cadre de vie ou de développement local ? Comment les autres acteurs de l’aménagement, de l’urbanisme, de l’agriculture, en particulier aux niveaux régional et national, de l’Etat, ont-ils interagi ou simplement ont-ils compris ces créations ?

Sur les sept territoires agri-urbains retenus, une tâche nécessaire sera de faire une revue des travaux produits en amont et au moment de leur création institutionnelle (pas de temps d’environ 20 ans), et d’examiner la façon dont ces territoires sont considérés dans les documents de planifications régionaux ou infra-régionaux (les SDAU puis SCOT ; le pas de temps pourra être d’environ 50 ans pour inclure les SDAURIF et SDRIF depuis les années 1960) : depuis quand, avec quel périmètre, pourquoi, ces territoires sont-ils considérés ? Une seconde tâche sera de conduire une campagne d’enquête auprès des acteurs historiques de ces créations territoriales, mais aussi des acteurs plus extérieurs, plus spectateurs de ces créations. Ces deux tâches sont partiellement liées par le fait que les acteurs peuvent être des ressources précieuses pour l’inventaire bibliographique. L’objectif est de construire sept récits parallèles mais selon une trame commune qui permettra d’identifier les similitudes ou les divergences.

Principales étapes et résultats attendus :
- définition d’une grille de lecture commune, discutée avec l’ensemble des partenaires : première réunion en amont, puis six mois après, afin de s’ajuster en fonction du matériau
- revue bibliographique des travaux, publiés ou non, ayant conduit ou ayant encadré la formation des territoires agri-urbains en tant que tels
- repérage de la place de ces territoires dans les documents d’urbanisme produits à différentes échelles depuis les années 1960
- enquête auprès des acteurs clefs ou des acteurs témoins de la construction de ces territoires : cette étape sera en fait transversale car la rencontre avec ces acteurs facilitera ou permettra de valider la recherche bibliographique
- rédaction des récits parallèles, selon une construction chronologique et en fonction des échelles régionale/départementale/locale